Critère environnemental obligatoire au 22 août 2026 : comment préparer vos réponses

À compter du 22 août 2026, tout marché public devra comporter un critère d'attribution environnemental et des clauses d'exécution environnementales (loi Climat et Résilience). Ce que les acheteurs vont noter, les preuves à réunir et comment structurer votre mémoire environnemental.

Ayoub EnnihAyoub EnnihPublié le 6 min de lecture

Le 22 août 2026, une disposition votée cinq ans plus tôt entre en vigueur et change la notation de tous les marchés publics de France : l'article 35 de la loi Climat et Résilience. À partir de cette date, chaque consultation devra comporter au moins un critère d'attribution environnemental et des clauses d'exécution environnementales. Autrement dit : des points à prendre — ou à laisser à un concurrent mieux préparé. Voici ce qui change concrètement, et comment mettre votre réponse à niveau avant l'échéance.

Ce que dit la loi, concrètement

La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite Climat et Résilience, a laissé cinq ans aux acheteurs et aux entreprises pour se préparer. Au 22 août 2026, trois obligations s'appliquent à tous les marchés publics :

  1. Au moins un critère d'attribution doit prendre en compte les caractéristiques environnementales de l'offre — le prix ne peut plus être le critère unique ;
  2. Les conditions d'exécution doivent intégrer des considérations environnementales : elles deviennent des engagements contractuels du titulaire ;
  3. Les spécifications techniques doivent, quand c'est pertinent, prendre en compte le cycle de vie et les incidences environnementales de la prestation.

À noter : beaucoup d'acheteurs n'ont pas attendu l'échéance. Les consultations comportant un critère environnemental pondéré sont déjà courantes — l'échéance d'août transforme une pratique répandue en règle universelle.

Ce que les acheteurs vont noter

Le contenu exact du critère varie selon l'objet du marché, mais les attentes se recoupent largement d'un règlement de consultation à l'autre :

Famille d'attentesExemples concrets
Empreinte carboneBilan d'émissions, plan de réduction, transport et livraisons décarbonés
Économie circulaireMatériaux recyclés ou biosourcés, réemploi, gestion et valorisation des déchets
RessourcesConsommation d'énergie et d'eau, écoconception, durabilité des produits
Management environnementalISO 14001, labels, formation des équipes, pilotage d'indicateurs
Chantier / exécutionChantier à faibles nuisances, tri à la source, suivi chiffré pendant le marché

La pondération reste à la main de l'acheteur : la loi impose la présence du critère, pas son poids. Sur le terrain, 10 à 20 % sont courants — assez pour faire basculer une attribution entre deux offres techniques proches.

22 août 2026date à partir de laquelle tout marché public doit comporter au moins un critère d'attribution environnemental et des clauses d'exécution environnementales (article 35 de la loi Climat et Résilience)

Les preuves à réunir dès maintenant

Sur le critère environnemental comme ailleurs, les déclarations d'intention ne rapportent rien : les points se gagnent avec des preuves datées, chiffrées et rattachées au marché. Le socle à constituer :

  • Certifications et labels : ISO 14001, écolabels sectoriels, qualifications métier intégrant un volet environnemental ;
  • Bilan d'émissions de gaz à effet de serre, même simplifié, avec une trajectoire de réduction ;
  • Fiches environnementales produits (FDES, PEP) pour les fournitures et le BTP ;
  • Indicateurs internes : taux de valorisation des déchets, part de véhicules bas carbone, consommations énergétiques — avec deux ou trois années d'historique si possible ;
  • Références : marchés passés où un engagement environnemental a été tenu et mesuré.

Structurer votre mémoire environnemental

Que l'acheteur exige un document distinct ou une partie dédiée du mémoire technique, la logique est la même : répondre aux attentes de ce marché, pas coller une plaquette RSE générique. Une structure qui fonctionne :

  1. Politique environnementale de l'entreprise — courte : engagements, certifications, organisation, chiffres clés ;
  2. Analyse des enjeux du marché — ce que la prestation implique concrètement en matière d'environnement : c'est la section qui montre que vous avez lu le CCTP ;
  3. Engagements pour ce marché — moyens, méthodes, matériaux, logistique, avec un indicateur chiffré par engagement ;
  4. Pilotage et preuve — qui suit quoi, à quelle fréquence, quel reporting vers l'acheteur ;
  5. Annexes — certificats, fiches produits, bilans.

Le piège classique : la section 1 qui dévore tout. Les acheteurs notent la déclinaison sur leur marché (sections 2 et 3), pas la qualité de votre communication institutionnelle. C'est exactement le même travers que les mémoires techniques trop génériques — et il coûte les mêmes points.

La bonne nouvelle : ce contenu se capitalise. Politique, certifications, indicateurs et méthodes types une fois rédigés et rangés dans une base de connaissances, chaque nouvelle réponse se résume à l'analyse des enjeux et à la déclinaison des engagements — la partie à vraie valeur ajoutée.

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Le calendrier de mise à niveau

Il reste quelques semaines avant l'échéance — assez pour se structurer, trop peu pour improviser :

  • Maintenant : inventoriez vos preuves existantes (certifications, indicateurs, références) et identifiez les trous ;
  • Avant fin août : rédigez le socle réutilisable du mémoire environnemental et intégrez le critère environnemental dans votre grille de Go/No-Go — un marché à forte pondération environnementale sur lequel vous n'avez aucune preuve est un signal No-Go ou un appel à un groupement ;
  • En continu : mesurez deux ou trois indicateurs simples (déchets, carburant, énergie). Dans un an, cet historique vaudra des points que vos concurrents n'auront pas.

En résumé

Au 22 août 2026, le critère environnemental devient obligatoire dans l'attribution de tous les marchés publics, et les clauses d'exécution environnementales se généralisent. La pondération restera variable, mais la logique est déjà claire : des preuves chiffrées reliées à l'objet du marché, un mémoire environnemental décliné par consultation, et des engagements que l'exécution saura tenir. Ceux qui préparent leur socle de preuves cet été prendront des points sur tous les marchés de la rentrée.

Pour aller plus loin : la réforme de la commande publique 2026, le questionnaire RSE et les erreurs qui coûtent des points au mémoire technique.

Ayoub Ennih
Ayoub Ennih

Fondateur & CEO de TenderCrunch

Ancien responsable avant-vente, Ayoub a répondu à des centaines d'appels d'offres avant de fonder TenderCrunch, avec qui il a accompagné des entreprises à remporter plus de 150 M€ de marchés. Il anime le podcast « Masters of Tenders ».

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FAQ

Questions fréquentes

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Que change la loi Climat et Résilience dans les marchés publics au 22 août 2026 ?

À compter du 22 août 2026, tous les marchés publics et contrats de concession devront comporter au moins un critère d'attribution prenant en compte les caractéristiques environnementales de l'offre, et leurs conditions d'exécution devront intégrer des considérations relatives à l'environnement. L'attribution sur le seul critère du prix devient impossible. Cette obligation résulte de l'article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite Climat et Résilience.

Quel poids aura le critère environnemental dans la notation ?

La loi impose la présence du critère, pas sa pondération : elle restera fixée par chaque acheteur dans le règlement de consultation. En pratique, on observe déjà des pondérations de 10 à 20 % dans les consultations qui ont anticipé, parfois davantage sur les marchés à fort enjeu environnemental (BTP, transport, restauration collective). Même à 10 %, le critère peut départager deux offres techniques proches.

Qu'est-ce qu'une clause environnementale d'exécution ?

C'est une obligation contractuelle liée à l'exécution du marché : chantier à faibles nuisances, taux de valorisation des déchets, livraisons en véhicules bas carbone, part de matériaux recyclés ou biosourcés, reporting d'émissions. Contrairement au critère d'attribution (qui sert à noter l'offre), la clause d'exécution engage le titulaire pendant toute la durée du marché, avec pénalités possibles en cas de manquement.

Quelles preuves environnementales préparer pour répondre ?

Les plus utilisées : certification ISO 14001 ou équivalent, labels sectoriels, bilan d'émissions de gaz à effet de serre, fiches de données environnementales des produits (FDES, PEP), politique de gestion des déchets chiffrée, plan de mobilité, actions d'économie circulaire documentées. L'important est de relier chaque preuve à l'objet du marché : un label générique pèse moins qu'un indicateur directement lié à la prestation demandée.

Qu'est-ce qu'un mémoire environnemental ?

C'est la partie de la réponse — parfois un document distinct exigé par le règlement de consultation — qui présente les engagements environnementaux du candidat pour le marché : moyens, méthodes, indicateurs, preuves. Il suit la même logique que le mémoire technique : répondre aux attentes précises de l'acheteur pour ce marché, pas recycler une plaquette RSE générique.

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