Formulaire DC4 : remplir sa déclaration de sous-traitance sans risque

Le formulaire DC4 est la déclaration de sous-traitance des marchés publics. À quoi il sert, qui le signe, comment le remplir rubrique par rubrique (A à N) et comment sécuriser le paiement direct du sous-traitant.

Ayoub EnnihAyoub EnnihMis à jour le 15 min de lecture

Confier une partie d'un marché public à une autre entreprise est courant — et parfaitement légal, à une condition : le déclarer dans les règles. Le formulaire DC4 est l'instrument de cette déclaration. L'essentiel à retenir :

  • Le DC4 est la déclaration de sous-traitance des marchés publics : le titulaire y déclare un sous-traitant à l'acheteur et met en place son paiement direct.
  • Il se présente au dépôt de l'offre ou en cours d'exécution ; l'acheteur dispose de 21 jours pour se prononcer, et son silence vaut acceptation.
  • Le paiement direct est obligatoire au-delà de 600 € TTC de prestations sous-traitées (article L. 2193-10 du code de la commande publique).
  • Il engage le titulaire et le sous-traitant, dont les signatures sont requises lorsqu'il est présenté en cours d'exécution.

Voici à quoi sert le DC4, où le télécharger, comment le remplir rubrique par rubrique, et les erreurs qui font rejeter une déclaration.

Qu'est-ce que le formulaire DC4

Le DC4 est la « Déclaration de sous-traitance » des marchés publics. C'est le formulaire par lequel le titulaire d'un marché — l'entreprise qui l'a remporté — déclare un sous-traitant à l'acheteur public et encadre le paiement direct de ce sous-traitant. Le dispositif est encadré par la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance et par les articles R. 2193-1 à R. 2193-22 du code de la commande publique.

Concrètement, le DC4 remplit trois fonctions. Il identifie le sous-traitant (sa raison sociale, ses coordonnées, sa situation). Il précise la nature et le montant des prestations confiées en sous-traitance. Et il fixe les conditions de paiement, ce qui ouvre la voie au règlement direct du sous-traitant par l'acheteur.

C'est important de poser la mécanique d'emblée : en sous-traitance, le sous-traitant n'a pas de lien contractuel direct avec l'acheteur. Le contrat lie l'acheteur au titulaire, et le titulaire au sous-traitant. Le DC4 est ce qui permet à l'acheteur de connaître, accepter et payer un acteur avec lequel il n'a pourtant pas signé le marché. Sans cette déclaration, le sous-traitant est, du point de vue de l'acheteur, invisible — et donc irrégulier.

Le DC4 ne remplace pas pour autant le contrat de sous-traitance : celui-ci reste un contrat privé entre le titulaire et son sous-traitant, qui organise leur relation commerciale (prix, obligations, délais, pénalités). Le DC4 régularise le montage vis-à-vis de l'acheteur ; le contrat régit la relation entre les deux entreprises. Les deux coexistent, et les informations du DC4 doivent être cohérentes avec le contrat.

Où télécharger le formulaire DC4

Le formulaire DC4 est un modèle établi par la Direction des affaires juridiques (DAJ) du ministère de l'Économie. Il est téléchargeable gratuitement, avec sa notice explicative, sur economie.gouv.fr, dans la rubrique des formulaires de déclaration du candidat — au même endroit que les DC1 et DC2.

Deux réflexes avant de le remplir. D'abord, utiliser la version en vigueur : le formulaire a été mis à jour au 1er janvier 2024, et les acheteurs renvoient régulièrement les déclarations établies sur d'anciens modèles. Ensuite, vérifier le règlement de la consultation : l'usage du formulaire DAJ n'est pas imposé par les textes (c'est la déclaration qui est obligatoire, pas le support), mais beaucoup d'acheteurs l'exigent expressément ou fournissent leur propre cadre.

Sous-traitance, cotraitance, groupement : trois choses différentes

Avant d'aller plus loin, il faut lever une confusion fréquente. Répondre à plusieurs ou faire intervenir un tiers peut prendre deux formes très différentes, et le DC4 ne concerne que l'une d'elles.

La sous-traitance : un seul titulaire porte le marché. Il en assume l'entière responsabilité vis-à-vis de l'acheteur, mais confie l'exécution d'une partie des prestations à un sous-traitant. Le sous-traitant travaille pour le titulaire, pas pour l'acheteur. C'est ce montage que le DC4 déclare et encadre — nous détaillons ses règles de fond dans notre guide de la sous-traitance en marché public.

La cotraitance (ou groupement momentané d'entreprises) : plusieurs entreprises s'associent pour répondre conjointement et deviennent toutes co-titulaires du marché. Le groupement peut être conjoint ou solidaire, et il se constitue dès la candidature — pas avec un DC4, mais via les pièces du groupement et la désignation d'un mandataire. Chaque cotraitant a un lien direct avec l'acheteur.

Sous-traitanceCotraitance (groupement)
TitulaireUn seulPlusieurs (co-titulaires)
Lien avec l'acheteurLe titulaire uniquementChaque membre du groupement
Pièce déclarativeDC4Pièces de groupement, mandataire
MomentDépôt ou en cours d'exécutionDès la candidature
ResponsabilitéLe titulaire assume toutPartagée selon le type de groupement

La distinction est structurante, et le choix entre les deux montages se fait tôt, dès l'analyse du DCE, car il conditionne les pièces à produire.

Le paiement direct : le seuil des 600 € et le circuit de la facture

C'est le cœur du dispositif, et la raison d'être du DC4. Le paiement direct est le mécanisme par lequel l'acheteur public règle directement le sous-traitant pour la part des prestations qu'il a effectivement réalisée — sans que l'argent transite par le titulaire.

Pourquoi ce mécanisme existe-t-il ? Pour protéger le sous-traitant. Dans un montage privé classique, un sous-traitant est payé par l'entreprise qui le mandate et subit le risque que celle-ci tarde à payer ou défaille. Dans la commande publique, le paiement direct sécurise le sous-traitant déclaré : c'est la collectivité, l'établissement public ou l'État qui le paie, pour ce qu'il a produit.

La règle est chiffrée : le paiement direct est obligatoire dès que le montant des prestations sous-traitées dépasse 600 € TTC (article L. 2193-10 du code de la commande publique). En dessous de ce seuil — rare en pratique — le sous-traitant reste payé par le titulaire. Au-dessus, il en bénéficie dès lors que deux conditions sont réunies, et ces conditions sont précisément ce que le DC4 met en place :

  • l'acceptation du sous-traitant par l'acheteur — l'acheteur valide l'identité et la capacité du sous-traitant déclaré ;
  • l'agrément des conditions de paiement — l'acheteur approuve les modalités financières figurant au DC4.

Une fois le sous-traitant accepté, le circuit de paiement est balisé : le sous-traitant exécute ses prestations et adresse sa facture au titulaire, qui dispose d'un délai de 15 jours pour la valider ou la contester ; transmise à l'acheteur, elle est réglée directement au sous-traitant dans les délais de paiement de la commande publique (30 jours pour l'État et les collectivités), et le montant est déduit de ce qui est dû au titulaire.

600 € TTCle seuil au-delà duquel le paiement direct du sous-traitant est obligatoire (art. L. 2193-10)

Quand déclarer : au dépôt de l'offre ou en cours d'exécution

Le DC4 a une souplesse précieuse : il peut être présenté à deux moments distincts du marché.

Au dépôt de l'offre

Si, dès la construction de votre réponse, vous savez qu'une partie des prestations sera sous-traitée, vous joignez le DC4 à votre offre. C'est le cas typique d'un lot technique que vous ne réalisez pas en interne, ou d'une compétence ponctuelle que vous mobilisez auprès d'un partenaire. Déclarer dès le dépôt présente un avantage : l'acheteur instruit l'acceptation du sous-traitant en même temps qu'il examine l'offre, et tout est en ordre dès la notification — sans délai supplémentaire.

En cours d'exécution

La sous-traitance peut aussi se décider après la signature du marché. C'est la sous-traitance déclarée a posteriori : en cours d'exécution, le titulaire identifie le besoin de confier une partie des prestations à un tiers et présente alors un DC4 à l'acheteur. Le code de la commande publique l'autorise expressément — la sous-traitance n'est pas figée au moment de l'offre.

Dans ce cas, l'acheteur dispose d'un délai de 21 jours à compter de la réception du DC4 complet pour se prononcer, et son silence vaut acceptation. Une règle d'or s'impose : obtenir l'acceptation du sous-traitant avant qu'il n'intervienne sur le marché. Faire travailler un sous-traitant non encore accepté, c'est créer une situation irrégulière, même temporaire, et fragiliser le paiement direct.

Comment remplir le DC4 rubrique par rubrique

Le formulaire en vigueur s'organise en rubriques lettrées de A à N. Voici ce que chacune attend, et où se nichent les pièges.

RubriqueCe qu'on y renseignePoint de vigilance
AIdentification de l'acheteurReprendre les mentions exactes du DCE
BObjet du marché publicIntitulé et références de la consultation
CObjet de la déclarationCocher le bon cas : dépôt de l'offre ou cours d'exécution
DIdentification du soumissionnaire ou du titulaireVotre statut dépend du stade : soumissionnaire à l'offre, titulaire ensuite
EIdentification du sous-traitantCases « taille de l'entreprise » et « lien avec le titulaire » à ne pas oublier
FNature des prestations sous-traitéesDescription précise + volet données personnelles (RGPD) le cas échéant
GPrix des prestations sous-traitéesMontants HT, TTC et TVA ; case paiement direct ; autoliquidation de TVA pour les travaux
HConditions de paiementCoordonnées bancaires du sous-traitant, avance — joindre un RIB
IDurée du contrat de sous-traitanceCohérence avec le calendrier du marché
JCapacités du sous-traitantMoyens de preuve exigés par le règlement de consultation, comme pour un DC2
KAttestation sur l'honneurLe sous-traitant atteste qu'il est autorisé à participer à un marché public
LCession et nantissement de créanceExemplaire unique, certificat de cessibilité ou mainlevée à joindre
MAcceptation des conditions de paiementLes signatures qui rendent la déclaration effective
NNotificationRéservé au circuit de notification de l'acceptation

Trois rubriques concentrent l'essentiel des erreurs.

La rubrique G (prix). Elle demande les montants HT, TTC et la TVA des prestations sous-traitées, et une case précise si le sous-traitant est payé directement ou non. Pour les travaux de construction et opérations immobilières, le point b) traite de l'autoliquidation de la TVA : c'est le titulaire qui déclare et paie la TVA du sous-traitant. Enfin, si le marché prévoit une révision des prix, reportez la formule du règlement de consultation. Un montant flou ou incohérent avec votre offre ralentit l'instruction et peut compromettre le paiement direct.

La rubrique L (cession et nantissement de créance). Si le titulaire a cédé ou nanti sa créance — c'est-à-dire transféré à une banque le droit de percevoir les paiements du marché — le paiement direct du sous-traitant pourrait être bloqué. L'acheteur exige donc la preuve que la part sous-traitée est libre : exemplaire unique ou certificat de cessibilité modifié, ou une attestation ou mainlevée du bénéficiaire de la cession. C'est la rubrique la plus technique du formulaire ; en cas de financement bancaire adossé au marché, préparez ces pièces en amont.

Les signatures. Le DC4 fait intervenir le titulaire ET le sous-traitant. La signature du titulaire vaut demande d'acceptation ; celle du sous-traitant atteste qu'il accepte les conditions, notamment de paiement. Présenté en cours d'exécution, le DC4 doit être signé des deux parties avant transmission ; présenté au stade de l'offre, il n'a pas à être signé avant l'attribution, sauf si l'acheteur l'exige dans les documents de la consultation. En pratique, faire signer les deux parties dès le départ reste le réflexe le plus sûr.

Les erreurs qui font rejeter un DC4

Année après année, ce sont toujours les mêmes causes qui font renvoyer une déclaration — et retarder l'intervention du sous-traitant :

  1. La signature manquante — celle du sous-traitant, le plus souvent, quand le DC4 est présenté en cours d'exécution.
  2. Un montant incohérent — le montant sous-traité ne colle pas avec l'offre financière, ou HT et TTC sont mélangés.
  3. Une description trop vague des prestations sous-traitées : « travaux divers » ne permet pas à l'acheteur d'apprécier ce qui est confié.
  4. Les pièces justificatives absentes — capacités du sous-traitant, attestations, RIB, exemplaire unique en cas de cession de créance.
  5. La déclaration tardive — le sous-traitant a déjà commencé à travailler avant d'être accepté : le montage est irrégulier, même s'il est régularisé ensuite.
  6. Un vieux formulaire — la version antérieure à 2024 circule encore et fait l'objet de renvois.

Chacune de ces erreurs se prévient de la même façon : préparer le DC4 en amont, avec le règlement de consultation et le CCAP sous les yeux — les exigences administratives de la sous-traitance s'y cachent.

Les risques d'une sous-traitance non déclarée

C'est l'enjeu qui justifie toute cette rigueur. Une sous-traitance non déclarée est irrégulière, et les conséquences se répartissent sur les trois acteurs du montage.

Pour le titulaire. Faire intervenir un sous-traitant non déclaré, c'est s'exposer à des sanctions pouvant aller jusqu'à la résiliation du marché, et fragiliser sa position sur les consultations futures. Au stade de l'offre, présenter un montage de sous-traitance bancal ou incomplet peut conduire au rejet ou à des demandes de régularisation qui font perdre un temps précieux.

Pour le sous-traitant. Non déclaré, il est privé de la garantie du paiement direct. Il dépend alors entièrement de la solvabilité et de la bonne volonté du titulaire pour être payé, sans le filet de sécurité que la commande publique lui réserve. Un sous-traitant averti exige d'être déclaré : c'est sa protection — et s'il est déclaré, accepté, et que l'acheteur refuse de le payer directement au-delà de 600 €, il peut faire valoir ses droits devant le juge administratif.

Pour l'acheteur. Il se retrouve face à un acteur qu'il n'a pas accepté, sans visibilité sur qui exécute réellement les prestations qu'il finance. Cela contrarie les principes de transparence et de bonne exécution de la commande publique.

La conclusion est nette : le DC4 n'est pas une formalité administrative de plus, c'est ce qui sécurise tout le montage.

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Où le DC4 s'insère dans votre réponse

Le DC4 ne vit pas isolément : il s'articule avec le reste de votre dossier de réponse. Dans la phase de réponse à un appel d'offres public, la décision de sous-traiter se prend tôt, à la lecture du DCE, en même temps que l'on identifie les compétences que l'on couvre en interne et celles que l'on confie à un tiers.

Cette décision a des répercussions concrètes. Sur la candidature : le sous-traitant peut apporter des capacités qui complètent les vôtres. Sur l'offre technique : le mémoire technique doit refléter honnêtement la répartition des rôles, sans masquer la part sous-traitée. Sur l'offre financière : le montant sous-traité figurant au DC4 doit être cohérent avec votre chiffrage global, qu'il s'agisse de l'acte d'engagement ou des pièces de prix. Et une fois le marché en exécution, le titulaire reste tenu de ses obligations de vigilance vis-à-vis de son sous-traitant, à commencer par l'attestation de vigilance à collecter tous les six mois.

Anticiper la sous-traitance, c'est donc l'intégrer dès la construction de la réponse, et non la traiter comme une pièce annexe à boucler la veille du dépôt. Un sous-traitant identifié tard, c'est un DC4 rempli dans l'urgence — avec le risque d'une signature manquante ou d'un montant approximatif.

En résumé

Le DC4 est la déclaration de sous-traitance des marchés publics, encadrée par la loi du 31 décembre 1975 et le code de la commande publique : il permet au titulaire de déclarer un sous-traitant et d'organiser son paiement direct par l'acheteur — obligatoire au-delà de 600 € TTC de prestations sous-traitées. Téléchargeable sur le site de la DAJ (version en vigueur depuis le 1er janvier 2024), il se remplit rubrique par rubrique, de A à N, avec trois points de vigilance : les montants (G), la cession de créance (L) et les signatures. Présentable au dépôt de l'offre ou en cours d'exécution — l'acheteur a alors 21 jours pour se prononcer, silence valant acceptation — il suppose dans tous les cas que le sous-traitant soit accepté avant d'intervenir. Une sous-traitance non déclarée est irrégulière et risquée ; un DC4 bien rempli sécurise les trois acteurs du montage.

À lire ensuite : la sous-traitance en marché public, règles et paiement direct, comment répondre à un appel d'offres public et le formulaire DC1, la lettre de candidature. Pour les définitions des pièces citées, gardez le glossaire des marchés publics sous la main.

Ayoub Ennih
Ayoub Ennih

Fondateur & CEO de TenderCrunch

Ancien responsable avant-vente, Ayoub a répondu à des centaines d'appels d'offres avant de fonder TenderCrunch, avec qui il a accompagné des entreprises à remporter plus de 150 M€ de marchés. Il anime le podcast « Masters of Tenders ».

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FAQ

Questions fréquentes

Une autre question ? Écrivez-nous, on répond vite : hello@tendercrunch.com

Qu'est-ce que le formulaire DC4 ?

Le DC4 est la déclaration de sous-traitance utilisée dans les marchés publics. Il permet au titulaire d'un marché de déclarer à l'acheteur un sous-traitant auquel il confie une partie des prestations, et d'encadrer le paiement direct de ce sous-traitant. Il identifie le sous-traitant, la nature et le montant des prestations sous-traitées, ainsi que les conditions de paiement.

Le formulaire DC4 est-il obligatoire ?

La déclaration de sous-traitance, elle, est obligatoire : tout sous-traitant doit être déclaré, accepté par l'acheteur et ses conditions de paiement agréées (loi du 31 décembre 1975 et articles R. 2193-1 et suivants du code de la commande publique). Le formulaire DC4 proprement dit est un modèle proposé par la Direction des affaires juridiques de Bercy : son usage n'est pas imposé par les textes, mais il est attendu par la quasi-totalité des acheteurs et constitue le moyen le plus sûr de faire une déclaration complète.

Où télécharger le formulaire DC4 ?

Le formulaire DC4, comme les DC1 et DC2, est disponible gratuitement sur le site de la Direction des affaires juridiques du ministère de l'Économie (economie.gouv.fr, rubrique « formulaires de déclaration du candidat »). Utilisez toujours la version en vigueur — le formulaire a été mis à jour au 1er janvier 2024 — et vérifiez dans le règlement de la consultation si l'acheteur impose un format particulier.

Qui doit signer le DC4 ?

Le DC4 engage le titulaire du marché et le sous-traitant déclaré : la signature du titulaire vaut demande d'acceptation du sous-traitant, celle du sous-traitant atteste qu'il accepte les conditions, notamment de paiement. Le moment où la signature est exigée dépend du cas : présenté en cours d'exécution, le DC4 doit être signé par les deux parties avant d'être transmis à l'acheteur ; présenté au stade de l'offre, il n'a pas à être signé avant l'attribution, sauf si l'acheteur l'exige dans les documents de la consultation.

Quand faut-il présenter le DC4 ?

Le DC4 peut être présenté à deux moments : au dépôt de l'offre, si la sous-traitance est connue dès la candidature, ou en cours d'exécution, lorsque le titulaire décide de sous-traiter une partie des prestations après la signature du marché. Dans les deux cas, le sous-traitant doit être accepté et ses conditions de paiement agréées par l'acheteur avant de commencer à intervenir.

Quels documents fournir avec le DC4 ?

Le règlement de la consultation fixe la liste exacte, mais on retrouve presque toujours : les moyens de preuve des capacités du sous-traitant (références, effectifs, certifications, comme pour un DC2), ses attestations fiscales et sociales, un RIB pour le paiement direct, et, en cas de cession ou de nantissement de créance, l'exemplaire unique ou le certificat de cessibilité (ou une attestation ou mainlevée du bénéficiaire). Une assurance décennale s'y ajoute pour les travaux concernés.

Qu'est-ce que le paiement direct du sous-traitant ?

Le paiement direct est le mécanisme par lequel l'acheteur public règle directement le sous-traitant pour la part des prestations qu'il a réalisée, sans transiter par le titulaire. Il est obligatoire dès que le montant des prestations sous-traitées dépasse 600 € TTC (article L. 2193-10 du code de la commande publique), et suppose que l'acheteur ait accepté le sous-traitant et agréé ses conditions de paiement. C'est précisément ce que le DC4 met en place.

Quelle est la différence entre le DC4 et le contrat de sous-traitance ?

Le DC4 est une déclaration adressée à l'acheteur public : il sert à faire accepter le sous-traitant et agréer ses conditions de paiement. Le contrat de sous-traitance est un contrat privé entre le titulaire et son sous-traitant : il organise leur relation (prix réel, obligations, délais, pénalités). L'un ne remplace pas l'autre : le DC4 rend la sous-traitance régulière vis-à-vis de l'acheteur, le contrat régit la relation commerciale entre les deux entreprises.

Quelle différence entre sous-traitance et cotraitance ?

En sous-traitance, un seul titulaire porte le marché et confie une partie des prestations à un sous-traitant qui n'a pas de lien contractuel direct avec l'acheteur. En cotraitance, plusieurs entreprises s'associent en groupement pour répondre conjointement et sont toutes co-titulaires du marché. La sous-traitance se déclare avec le DC4 ; le groupement se constitue dès la candidature.

Que risque-t-on en cas de sous-traitance non déclarée ?

Une sous-traitance non déclarée est irrégulière. Elle expose le titulaire à des sanctions — jusqu'à la résiliation du marché — peut compromettre l'exécution et prive le sous-traitant de la garantie du paiement direct. Faire intervenir un sous-traitant non accepté par l'acheteur, c'est s'exposer à des litiges et fragiliser toute la chaîne. Le DC4 est l'outil qui sécurise ce montage.

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